Contexte de la révélation
La sourate Al-Mā‘ūn (L'ustensile) est une sourate mecquoise composée de 7 versets. Elle fut révélée pour dénoncer l’hypocrisie religieuse et l’insensibilité sociale des Quraychites. Le terme al-mā‘ūn signifie littéralement « les aides » ou « les petits dons », et désigne les actes de bienveillance ou les gestes de solidarité que les hypocrites refusent.
Selon Ibn Kathīr et Al-Qurṭubī, cette sourate fut révélée à propos d’un notable mecquois connu pour son ostentation dans la prière et son mépris des orphelins et des pauvres. Elle condamne l’attitude de ceux qui pratiquent la religion pour être vus, sans sincérité ni compassion.
Enseignements et éléments d’importance notable
La sourate Al-Mā‘ūn associe la foi authentique à la bienveillance sociale et à la sincérité du culte. Elle souligne que la religion ne se réduit pas à la prière, mais inclut l’attention envers autrui. Ses enseignements majeurs sont :
- Le rejet des orphelins et des pauvres comme signe d’un cœur sans foi. (versets 1-3)
- La dénonciation de la prière ostentatoire : ceux qui prient sans conviction ni compassion. (versets 4-5)
- L’oubli de la solidarité quotidienne : refuser les gestes d’aide ou les biens communs, c’est renier la foi. (versets 6-7)
Cette sourate enseigne que l’acte de foi authentique s’exprime à travers la justice, la miséricorde et la sincérité. Le Prophète ﷺ a dit : « Celui qui ne montre pas de miséricorde aux gens, Allah ne lui en montrera pas. » (Sahih al-Bukhari)
Structure et thèmes principaux
- Versets 1-3 : Portrait de celui qui nie la religion : rejet des orphelins, refus de nourrir les pauvres.
- Versets 4-6 : Condamnation des hypocrites qui prient par habitude ou par ostentation.
- Verset 7 : Mention du refus du mā‘ūn — les actes de charité ordinaires, symboles de foi vivante.
Le ton de la sourate est moral et accusateur : il met à nu la contradiction entre apparence religieuse et injustice sociale.
Verset capital
Le verset capital de la sourate est le verset 4 :
فَوَيْلٌ لِّلْمُصَلِّينَ
Malheur donc à ceux qui prient.
Pourquoi ce verset est-il capital ?
- Il inaugure la dénonciation des hypocrites religieux : ceux qui accomplissent la prière sans sincérité ni cœur.
- Il rappelle que la prière n’a de valeur que lorsqu’elle transforme le comportement et pousse à la compassion.
- Il constitue une mise en garde universelle : les actes de culte dépourvus de sincérité ou d’éthique ne rapprochent pas de Dieu, mais éloignent.
En résumé, la sourate Al-Mā‘ūn rappelle que la religion véritable repose sur la foi sincère, la prière consciente et la solidarité sociale. Elle condamne le culte formel sans compassion et exhorte à une foi agissante, conforme à l’exemple du Prophète ﷺ.