Contexte de la révélation
La sourate Al-Kāfirūn (Les infidèles) est une sourate mecquoise composée de 6 versets. Elle fut révélée lorsque les notables de Quraych proposèrent au Prophète ﷺ un compromis : qu’il adore leurs divinités une année, et qu’ils adorent Allah l’année suivante. En réponse, cette sourate fut révélée pour rejeter catégoriquement toute forme de compromis dans la foi et affirmer l’exclusivité du monothéisme.
Selon Ibn Kathīr, cette sourate marque une rupture doctrinale claire entre l’islam et le polythéisme : elle ordonne au Prophète ﷺ de déclarer son indépendance spirituelle face aux croyances idolâtres. Elle est considérée comme la déclaration du “désaveu absolu” des pratiques associatives.
Enseignements et éléments d’importance notable
La sourate Al-Kāfirūn enseigne la pureté du monothéisme et la tolérance par distinction : elle appelle à la séparation spirituelle sans hostilité. Ses enseignements principaux sont :
- Refus de toute compromission religieuse : le croyant ne peut adorer qu’Allah seul. (versets 1-3)
- Reconnaissance de la liberté de croyance : « À vous votre religion, et à moi la mienne. » (verset 6)
- Déclaration du monothéisme exclusif : l’islam ne s’associe à aucune autre forme d’adoration. (versets 4-5)
Le Prophète ﷺ récitait souvent cette sourate avant de dormir et dans la prière du Fajr ou du Maghrib, en signe de fidélité absolue au monothéisme. (Sahih Muslim ; Ahmad)
Structure et thèmes principaux
- Versets 1-2 : Commandement de déclarer son désaccord avec les mécréants et leur culte.
- Versets 3-5 : Répétition volontaire du refus d’adorer ce qu’ils adorent, marquant la séparation totale entre les deux croyances.
- Verset 6 : Conclusion sur la liberté religieuse : « À vous votre religion, et à moi la mienne. »
Le ton de la sourate est ferme et pacifique : elle affirme la vérité du monothéisme sans menace ni hostilité, tout en rejetant l’idolâtrie.
Verset capital
Le verset capital de la sourate est le verset 6 :
لَكُمْ دِينُكُمْ وَلِيَ دِينِ
À vous votre religion, et à moi la mienne.
Pourquoi ce verset est-il capital ?
- Il résume l’esprit de tolérance et de distinction religieuse : l’islam n’impose pas, mais trace une séparation nette entre la vérité et l’erreur.
- Il exprime la liberté de conscience tout en réaffirmant l’exclusivité de l’adoration d’Allah.
- Selon Al-Qurṭubī, ce verset clôt la sourate en établissant la séparation spirituelle définitive entre le Prophète ﷺ et les polythéistes mecquois, marquant une étape clé dans la révélation.
En résumé, la sourate Al-Kāfirūn proclame la pureté absolue du monothéisme et la liberté de culte. Elle enseigne que la foi islamique repose sur la sincérité, la distinction spirituelle et le respect de la différence sans concession doctrinale.